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Cosmétiques : comprendre les nouvelles restrictions sur les siloxanes D4, D5 et D6

Selon le Journal officiel de l’Union européenne, le règlement (UE) 2024/1328 encadre désormais davantage l’usage des siloxanes cycliques D4, D5 et D6 dans les cosmétiques.

Cosmétiques : comprendre les nouvelles restrictions sur les siloxanes D4, D5 et D6

Derrière ces noms peu gracieux, il y a une question très concrète pour nos salles de bain: comment conserver une texture agréable, souple, un fini léger, tout en réduisant l’empreinte de substances persistantes dans l’environnement.

Ce n’est pas une invitation à vider sa trousse de maquillage dans la précipitation. C’est plutôt le bon moment pour reprendre, tranquillement, l’habitude de lire ce que nos produits déposent sur la peau, les cheveux — puis dans l’eau au rinçage.

Ce que le texte européen resserre

Le règlement modifie l’annexe XVII de REACH, le cadre européen qui organise notamment les restrictions applicables à certaines substances chimiques. Il concerne l’octaméthylcyclotétrasiloxane, ou D4, le décaméthylcyclopentasiloxane, ou D5, et le dodécaméthylcyclohexasiloxane, ou D6.

Le Journal officiel rappelle que le D4 et le D5 faisaient déjà l’objet d’une restriction dans les cosmétiques à rincer depuis 2018. La nouvelle étape étend donc l’attention portée à ces siloxanes cycliques, avec un objectif explicitement environnemental: limiter l’exposition à des substances décrites comme persistantes.

Le texte rapporte aussi l’identification, en 2018, de ces trois molécules comme substances extrêmement préoccupantes pour leurs propriétés très persistantes et très bioaccumulables. Le D4 a, de son côté, été identifié pour des propriétés persistantes, bioaccumulables et toxiques.

Dans nos produits, regarder sans dramatiser

Une formule cosmétique ne se résume jamais à un seul ingrédient: elle a sa texture, sa glisse, son fini et son usage. Certes, la présence des sigles D4, D5 ou D6 sur une étiquette peut sembler lointaine de notre geste quotidien; néanmoins, c’est précisément dans cette lecture simple de l’INCI que nous retrouvons un peu de prise sur nos habitudes.

Pour faire le tri sans se fatiguer, procédons par petites étapes:

1. prenez les produits qui se rincent ou s’utilisent très régulièrement;

2. repérez la liste d’ingrédients, sans chercher à tout déchiffrer d’un coup;

3. si vous voyez les appellations D4, D5 ou D6, notez le produit plutôt que de le jeter;

4. au moment de le remplacer, comparez les formules et privilégiez celle dont la composition vous paraît plus lisible et adaptée à votre routine.

Le point important est là: une restriction européenne concerne la mise sur le marché et la composition des produits, pas un jugement moral sur les personnes qui ont déjà acheté un soin, un fond de teint ou un produit capillaire. Nous faisons avec ce qui est déjà dans nos placards, avec douceur et bon sens.

Le vrai réflexe: remplacer au fil des usages

Pour notre sélection beauté responsable, ce changement renforce un critère souvent moins visible que la couvrance ou la tenue: la trajectoire environnementale de la formule. Une belle matière sur la peau ne devrait pas nous obliger à détourner le regard de ce qu’elle devient ensuite.

Commencez par terminer les produits que vous utilisez encore, lorsque cela vous convient, puis gardez l’emballage pour comparer la liste INCI au prochain achat. Et avant de recycler un flacon vide, pensez à le rincer soigneusement si son matériau le permet: c’est un geste modeste, mais il rend le tri plus net — comme une routine qui avance, souplement, sans chercher la perfection.